Que faire pour dévaluer l’euro ?

« La Banque centrale européenne (BCE) a un gros mal de tête, qui s’appelle déflation », écrit Adrian Ash pour BullionVault.

L’Eglise catholique, l’ancien syndicat de la foi en Europe, a un saint patron pour de tels maux, Sainte Thérèse d’Avila. Ses paroles les plus connues étaient, en substance :

Il y a plus de larmes qui ont coulé pour des prières exaucées que pour des prières qui sont restées lettre morte.

Mario Draghi et son équipe devrait en prendre note. La BCE tente désespérément de dévaluer l’euro. Mais ils n’y arrivent pas. Ce qui rend la reprise des cours de l’or et des cours de l’argent à partir de la chute des trois dernières années encore plus difficile. Mais l’or n’est pas le souci de la BCE. Son souci est la déflation.

Malgré le trou sans fond qu’est l’appétit mondial pour l’argent, la valeur des espèces risque d’augmenter. C’est quelque chose que même la banque centrale allemande, la Bundesbank, qui hait l’inflation a maintenant accepté de combattre. D’où le choc de Francfort jeudi dernier suite aux annonces de la BCE.

Agissant au nom de 18 nations avec 330 millions de citoyen, le plus grand émetteur de devises au monde, la BCE donc, est passé la semaine dernière aux taux d’intérêt négatifs, aux  achats d’obligations non stérilisés, aux énormes prêts de quatre ans aux banques commerciales et aux préparations pour l’impression de monnaie dans le cadre d’un assouplissement quantitatif pour acheter des obligations du secteur privé adossées à des actifs.

Quel est l’effet sur l’euro ?

L’euro a à peine baissé d’un cent contre le dollar, pour rebondir à nouveau sur le marché des devises et commencer à préparer des pics de deux semaines. Se maintenant en fait vendredi dernier au-dessus de 1,3650 dollars à nouveau, la devise européenne nouvellement « dévaluée » s’est maintenue à ce qui étaient des pics de deux ans, lorsqu’ils ont été atteints à l’automne dernier.

Que doit faire une banque centrale pour dévaluer sa devise ?

Certainement, un énorme assouplissement quantitatif est à venir, au final, selon nous. Mais comme le Japon au cours des vingt dernières années, la zone euro prendra son temps pour en arriver là. Et même à ce moment-là, comme le montre l’exemple du Japon, essayer de dévaluer avec une impression importante de monnaie ne comptera pas pour beaucoup si tous ses concurrents à l’export font la même chose.

L’or, l’argent et les autres actifs rares semblent être gagnants à long terme. Après que la livre sterling ait atteint son but avant tout le monde lors de la crise en 2008 -2009, la dévaluation compétitive fonctionne mal. Plus ces taux à zéro et ces QE n’arrivent pas à bouger l’aiguille de la dévaluation, plus les banquiers centraux vont essayer de diminuer les taux encore plus et imprimer encore plus. Et donc, plus cette dévaluation de masse de toutes les devises deviendra un vrai risque.

Comme pour toutes les crises financières, cela va se produire très, très lentement. Quelques personnes le remarqueront. Et puis, tout d’un coup, un jour, ce sera aveuglement évident. Les propriétaires de métaux précieux de long terme seront sages d’éviter de dire : « je l’avais bien dit ». Dans le contexte d’une vraie crise des devises et d’hyperinflation, ils pourraient aussi regretter d’avoir vu leurs prières exhaussées aussi.