Déflationor, impression de monnaie et Shinzo Abe.

On se souvient tous de George W. Bush qui avait déclaré « mission accompli » et avait apporté la liberté au peuple irakien il y a onze ans.

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a déclaré hier à Tokyo victoire sur la déflation.

Au moins Abe a un plan pour la paix. Ou du moins c’est ce qu’il affirme. Et la bataille dure déjà depuis longtemps.

L’économie japonaise a glissé vers une lente et douce dépression il y a vingt ans. Les prix à la consommation ont atteint des niveaux vus il y a une décennie, et une décennie avant ça. L’immobilier reste à plus de 50% sous le pic de la bulle de 1990. Les salaires sont en baisse de 25% en yens japonais.

Avec une politique monétaire audacieux, une politique fiscale flexible et la stratégie de croissante nous avons atteint un stade où il n’y a pas de déflation, a affirmé mercredi Abe.

La première partie de son communiqué est vraie. L’audace de la Banque du Japon imprimant de la monnaie jusqu’à la mort n’est pas sans rappeler l’Allemagne de 1920.

Mais quel est le résultat ?

L’inflation des coûts des services aux entreprises au Japon, par exemple, a augmenté à 3,6% par an en mai, selon les nouveaux chiffres publiés aujourd’hui. Cela a porté les frais les plus importants vers des niveaux observés en 2010 et en 2005. Mais comme avec l’inflation des prix à la consommation, presque toute cette hausse était le fait de l’énorme bond en avril des taxes de vente au Japon.

Oui, des taxes plus élevés sont une forme d’inflation. Mais elles ne tuent pas la déflation.

Trois idées rapides donc, aucune de moi. Tout d’abord, la déflation est plus difficile à éliminer que simplement l’impression de monnaie. Le Japon l’a prouvé. Mais deuxièmement, et parce que cela va à l’encontre de la logique et de l’histoire du XXe siècle, peut-être que la déflation est simplement un fait pour le Japon, et est en passe devenir notre avenir à tous également.

Les investisseurs achetant aujourd’hui de l’or ou de l’argent pourraient sembler s’y opposer. Mais si la vague grave d’inflation du XXème siècle est derrière nous, comme le suggère cet article détaillé, nous serions en fait parties pour un retour vers des prix et des salaires tellement stables et ennuyeux, que l’étalon or ou argent devient politiquement possible.