Il semblerait que le thème de la “FinTech” continue à prendre de l’ampleur. Des choses intéressantes ont été dites récemment lors d’une conférence sur la numérisation des services financiers.

À la mi-novembre, l’École des finances de Francfort a organisé à Hambourg une conférence intitulée “La nouvelle puissance numérique des clients” dans le cadre de la série “Next generation financial service providers”. Les organisateurs ont été parmi les premiers à reconnaître la tendance à la numérisation des services financiers en Allemagne, mais aussi à s’en occuper activement. En attendant, il n’y a guère de personnes qui ne s’occuperaient pas de ce sujet de leur propre chef.

À cet égard, on ne peut qu’être curieux de savoir s’il y aurait des nouvelles sur le sujet pendant l’événement, ce qui, à y regarder de plus près, n’est pratiquement jamais le cas lors d’une manifestation publique. Pour être honnête, le principal avantage de ces rencontres se situe de toute façon davantage dans les conversations qui ont lieu entre les conférences.

Des faits intéressants sur le boom de FinTech

Michael von der Horst, de Cisco, a été surpris à juste titre qu’au vu de la fermeture accrue de succursales, le sujet du conseil vidéo ne soit pas plus au centre des préoccupations des banques. En ce qui concerne la cybersécurité, il a noté qu’il y a deux groupes de sociétés : celles qui sont piratées et le savent et celles qui sont piratées et ne le savent pas, ces dernières ayant des problèmes particuliers.

Jörg Hessenmüller, directeur financier de mBank, a présenté le concept novateur de cette banque. Il explique que l’informatique n’est pas une compétence essentielle des banques et que, par conséquent, mBank envisage de l’externaliser. À l’ère de la numérisation, c’est un sujet auquel vous pouvez réfléchir et dont vous pouvez discuter de manière intensive.

Mariusz Bodek de comdirect, pour sa part, a trouvé des mots clairs pour décrire le battage actuel de FinTech : “Certaines start-ups FinTech sont certainement impliquées dans une certaine dose de charlatanisme dans leur recherche de capital d’investissement”, a-t-il déclaré.

De son côté, Thomas Dapp, de DB Research, a souligné que la pensée solitaire qui était jusqu’à présent courante dans les banques ne fonctionne plus à l’ère du numérique et ne conduit qu’à un doublement ou une multiplication du travail et des coûts. Il a conseillé aux banques de nommer un responsable du numérique, qui devra conduire la transformation numérique dans toutes les divisions.

Présent, également, lors de la conférence, Norbert Paddags a souligné que FinTech n’est pas vraiment actif dans les fonctions essentielles du secteur bancaire et ne peut donc pas remplacer les banques de FinTech.

Pour sa part, Remigiusz Smolinski de comdirect a expliqué ceci: “Les banques qui ignorent FinTechs vont perdre. Les banques qui craignent les FinTechs ont déjà perdu”. Quant à Robert Freitag de la Sutor Bank, il a déclaré : à quoi servent les agences si les clients doivent attendre longtemps et que leur problème n’est pas résolu après tout.

Les intervenants se sont accordés à dire que les effets du boom de FinTech sur les bénéfices des banques et des caisses d’épargne établies ne sont pas discernables actuellement. D’une part, parce que leurs revenus sont principalement induits par les taux d’intérêt et, d’autre part, parce que la part de marché des FinTechs dans les activités de commission est (encore) marginale.

Toutefois, il a, également, été convenu que l’essor de FinTech est un signal d’alarme pour les banques et qu’elles devront réagir afin de maîtriser l’inévitable transformation numérique, d’une part, mais aussi pour faire enfin un plus grand effort pour servir les intérêts de leurs clients.