Selon une analyse récente, la situation financière de la plupart des grandes banques européennes s’est à nouveau détériorée. Les institutions devraient se concentrer davantage sur la fidélité et la rentabilité de leurs clients.

Bien que l’efficacité et la rentabilité du secteur bancaire européen aient augmenté, le ratio coûts/revenus des grandes banques est toujours bien supérieur à la moyenne du secteur. Seule l’une des dix plus grandes banques européennes a réussi à améliorer sa situation financière l’année dernière.

Modèle de contrôle bancaire par scoring

Le chèque bancaire, qui a été effectué pour la cinquième fois à l’aide d’un modèle de notation, montre à quel point la situation des différents établissements de crédit est déjà menacée aujourd’hui ; il couvre trois dimensions et donne ainsi un aperçu complet de la robustesse des modèles d’entreprise des différentes banques :

L’analyse se fonde sur les états financiers des institutions elles-mêmes, mais aussi sur les données de fournisseurs tels que SNL Financial ou Moody’s, et condense un grand nombre de chiffres clés. Les résultats de la notation peuvent être classés en quatre catégories :

– Les banques gagnantes : 32 % des établissements interrogés ont de meilleures valeurs que leurs concurrents dans presque tous les chiffres clés. Il s’agit principalement de banques de Belgique, des Pays-Bas et de Scandinavie. En 2016, 38 % des institutions appartenaient encore à cette catégorie.

– Les banques avec des faiblesses dans leur modèle d’entreprise : 23 % des banques sont confrontées à des déficits dans leur modèle d’entreprise, mais au moins elles ont un bilan solide. Cela est particulièrement vrai pour les banques allemandes et britanniques.

– Les banques aux bilans faibles : 19 % des banques sont à la traîne en termes de ratios de bilan. De telles faiblesses rendent les banques vulnérables et les rapprochent de la catégorie des enfants à problèmes. Ce groupe comprend principalement des banques espagnoles.

Les petites banques à problèmes : 26 % des banques sont dans un état préoccupant. On y trouve notamment des institutions italiennes, grecques, portugaises et chypriotes. Toutes les banques qui ont fait faillite au cours des dix dernières années, ainsi que de nombreuses maisons qui ont été impliquées dans des fusions, ont déjà fait partie de cette catégorie.

Une légère reprise est perceptible

Malgré tous ces défis, les banques européennes ont réussi à augmenter leur rentabilité en 2017 : le bénéfice, mesuré en termes d’actifs pondérés en fonction des risques, s’est amélioré de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 1,1 %.

Le ratio coûts/revenus dans l’ensemble de l’industrie a baissé de trois points de pourcentage pour atteindre 60 %. Les banques allemandes et britanniques ont obtenu de moins bons résultats que leurs concurrents.

D’autres chiffres clés soulignent la tendance à la hausse. Par exemple, l’apport de fonds propres de base (Tier 1) a augmenté dans l’ensemble du secteur de 1 point de pourcentage pour atteindre 16 %. La part des actions dans les actifs pondérés en fonction des risques a augmenté, tout comme la liquidité. La part des prêts présentant un risque de défaillance et le nombre d’amortissements correspondants ont diminué.

Les banques continuent à profiter de la bonne situation économique. Mais les grandes et les petites institutions sont bien avisées, selon l’analyse, de se préparer à un éventuel ralentissement.

La fidélité des clients et la rentabilité comme objectif

Les auteurs s’attendent à une poursuite de la consolidation du secteur bancaire européen. Ceux qui veulent rester indépendants ont donc besoin avant tout d’une force financière. Et cela est à son tour étroitement lié à la fidélité des clients.

La fidélité des clients est en moyenne de 20 points de pourcentage plus élevée chez les gagnants que chez les enfants à problèmes. Ces banques répondent mieux aux besoins de leurs clients, résolvent leurs problèmes et rendent les transactions bancaires simples et numériques.

Les grandes banques devraient donc enfin se concentrer sur les segments de clientèle et les secteurs d’activité rentables et poursuivre résolument leur numérisation afin de renouer avec la croissance. Toutefois, il n’y aurait pas de modèle d’entreprise adapté à toutes les banques.